La sagesse de Javed Akhtar n’a d’égal que sa vivacité. Issu d’une famille de créateurs sur 7 générations, il s’est emparé seul et contre tout Bollywood d’une question d’importance : pourquoi les auteurs/compositeurs ne touchent-ils pas de droits en Inde ? Mais que peut faire un homme seul, face à la puissance des studios de cinéma, des maisons de disques ou des diffuseurs, pour défendre son droit sur ses créations ? C’est l’histoire qu’est venu exposer cet artiste de légende, poète et scénariste prolifique qui n’a pas fini de mener son long combat pour faire reconnaître les droits des auteurs dans le deuxième pays le plus peuplé au monde.
Il a écrit des dizaines de lettres au gouvernants, ministres et parlementaires indiens, fait appel à des soutiens comme Ravi Shankar, « qui lui non plus ne touche pas de droits sur sa musique en Inde », pour faire enfin comprendre à tous ce qui s’était passé au XXème siècle, « IPRS, la société de gestion des droits indienne a tout simplement kidnappé les droits des auteurs et compositeurs au profit des entreprises de production et de diffusion, studios de cinéma et maisons de disques », explique-t-il.
« Après trente ans de carrière, je ne connaissais rien du droit d’auteur, des droits de représentation ou des droits mécaniques, on n’en parlait même pas dans mes contrats. En 2003 je me suis porté candidat aux élections du conseil de l’IPRS et c’est là que les ennuis on commencé : j’ai compris qu’il était urgent de convaincre le gouvernement d’amender la loi afin qu’elle soit au service des auteurs, de l’expliquer à tous et de la faire appliquer », raconte Javed Akhtar.
Son combat a été dur, « J’ai été boycotté par tous les studios qui conseillaient de ne plus travailler avec moi, mais aujourd’hui, nous approchons du but. La loi sera votée dans les mois qui viennent. Il faudra alors que l’IPRS accepte de reverser leurs du aux auteurs ; il faudra aussi que les auteurs n’aient pas peur de défendre leurs droits ». Selon Javed Akhtar, ce sont 75 à 80 % des droits de représentation qui ont été kidnappés par l’IPRS, tandis que les producteurs ne reversent pas non plus de droits mécaniques aux auteurs indiens.
Invité par la CISAC a raconter son histoire, Javed Akhtar a impressionné l’assistance par son dynamisme et sa lucidité et reçu du soutien des représsentants de sociétés d’auteurs. « Merci, en me soutenant, ce sont tous les auteurs indiens que vous soutenez – Les sociétés de gestion du monde entier, sous l’ombrelle de la CISAC peuvent aider la perception à changer en Inde afin que soit enfin reconnus les droits des auteurs », a-t-il conclut.